À Gilles :
À 18 ans je fais un stage dans un atelier de décoration d’intérieur, et le rencontre lui, mon Maître il ne veut pas de moi ; « je ne tiendrai pas physiquement ». Mon apparence gracile dénote avec mon fort caractère et l’ambition que je mets à lui prouver qu’il a tort. Il cède.
Cette rencontre décisive me fera renoncer aux études supérieures entreprises pour rentrer aux Beaux-Arts.
Pendant 4 ans de formation dans sa société, je parfais mes connaissances en histoire de l’art, apprends le nom de Rois et de leurs ébénistes, des matières et leurs provenances, ainsi que des styles qui régissent la forme d’un meuble le choix d’une étoffe le tombé et la pose d’un rideau
Nous livrons et posons, sols, mobilier, stores, rideaux et tentures. Emménageons maison, appartement résidentiel et secondaire et revisitons leurs volumes leur éclairage, tout en privilégiant la qualité et la personnalité de l’acquéreur, notre client et commanditaire.
Notre Maître, commerçant et fin psychologue, nous forme et fait émerger en nous, ses élèves, le meilleur de nos capacités.
Certains seront poseurs de sol, tapissiers ou courtepointières. Alors que d’autres à leur tour formeront en tant que décorateurs indépendants.
Quand je le quitte, mon CFC en poche, je parfais mon anglais et pars travailler dans 2 entreprises de renommée internationale, une à Lausanne, l’autre à Neuchâtel.
À 24 ans, je suis prête, merci Gilles de n’avoir pas cru en moi et de m’avoir laissée me débattre pour te prouver ton erreur.
Mon premier gros chantier, en tant qu’indépendante ; un hôtel que nous ferons ensemble et malheureusement tu nous quitteras peu après ça, tu avais 45 ans !
Aujourd’hui encore tu me guides, merci à ma mère de t’avoir choisi comme ensemblier puisque malgré nos différences et nos querelles, l’équilibre se tenait dans son ensemble, et a résisté au temps.
Andrée

